Dupraz : «Ma présence importe peu»
Pascal Dupraz répondait pour la première fois à la presse en tant qu’entraîneur de l’ETG en Ligue 1, ce jeudi matin à Amphion. Les questions étant nombreuses, c’est durant plusieurs dizaines de minutes qu’il a évoqué tous les sujets, de la réception de Bastia à son parcours au sein du club. Il a souhaité, surtout, mettre en avant l’institution ETG FC, plutôt que de faire de sa nomination un «évènement ».
Pascal, maintenant que vous êtes coach, savez-vous déjà les choses que vous voulez faire ou que vous voulez changer ?
La chose que nous aimerions tous changer, ce sont les résultats. Mais ce serait présomptueux de dire que je veux tout changer. Tout ce qui a été fait jusqu’à maintenant, c’est grâce à mes prédécesseurs. Et ça a été bien fait puisque nous sommes en Ligue 1 et que nous avons fini 9e l’an passé. Nous sommes aujourd’hui en difficulté comptable, mais seule 4 journées se sont écoulées. Ce que les dirigeants peuvent attendre de moi ce sont du travail et de l’implication. Je compte instaurer de nouvelles règles, les miennes. Des règles de vie commune. Rappeler que l’institution est importante. Nous voulons tout faire et nous allons tout faire pour rester en Ligue 1. A mon sens, on s’est vu trop beau, trop vite. Nous devons exister dans le paysage du football français, mais force est de constater que nous sommes les moins expérimentés. Même les promus ont un vécu supérieur au notre en Ligue 1.
J’ai un grand respect pour le milieu professionnel, mais j’apprécie également beaucoup le football amateur. J’ai la chance d’avoir une carrière de joueur professionnel, mais aussi d’entraîneur d’une équipe amateur. C’est ainsi l’occasion de saluer tous ceux qui travaillent dans le monde amateur et qui le font bien. Il y en a beaucoup qui ont travaillé autant que moi mais qui n’ont pas la réussite que j’ai eu.
22 ans après avoir pris place sur le banc avec cette équipe, vous allez à nouveau le faire mais en Ligue 1. Quelles émotions vous traversent ?
Aucune émotion particulière. Il y a 20 ans, j’espèrais que le football professionnel revive dans mon département. Je l’ai accompli grâce à beaucoup de personnes. Pour cette première en Ligue 1 je vais essayer d’inviter au dépassement. Etre déterminé et motivé, mais toujours pratiquer un bon football permettant de gagner. Il ne faut pas faire de ce match un cas particulier me concernant. Ce qui est important, c’est ce que les garçons vont produire et le résultat. Ma présence importe peu.
« A pareil époque l’an dernier, nous n’avions pas un effectif de qualité supérieur. »
A quel accueil du public vous attendez-vous ?
Logiquement, il devrait y avoir beaucoup de mes « frères » dans les tribunes, puisque je suis un natif du département. Je bénéficie peut-être d’un peu de crédit, mais celui-ci ne va pas durer. Je ne suis pas un rêveur. Je vais être aussi jugé sur mes résultats. Avec mon staff, nous allons tenter d’obtenir les résultats suffisants pour se maintenir en Ligue 1. Il y a toujours une obligation de résultat : samedi, le dimanche suivant à Marseille, puis après en Coupe de la Ligue, etc etc.
Jouer au football sans confiance, ce n’est pas jouable. C’est donc à nous d’installer les joueurs dans un climat de confiance idéal. Et pour l’instant, nous ne sommes pas dans une phase d’inquiétude mais d’interrogations, car nous sommes 18e avec 1 point.
A quoi vous attendez-vous contre Bastia ?
Ça va être une opposition difficile, comme à chaque fois. J’ai envie que les joueurs se libèrent. Mais mon alter ego en face espèrera bien sûr l’inverse. Il est difficile de gagner des matches. Mais le plus facile, c’est d’être déterminé. Ce qui compte en foot, ce sont les surfaces de vérité. Il nous faut être plus efficace dans ces surfaces. Malgré les monts déjà enneigés dans la région, ce n’est pas Noël. Il faut donc arrêter de donner des cadeaux à l’adversaire. Il faut éviter nos gentillesses défensives.
Et si nous obtenons la victoire, je n’oublierai pas de dire que c’est aussi grâce à Pablo Correa. Je tiens à affirmer que j’appréciais beaucoup l’homme et l’entraîneur. Il faut aussi rappeler qu’il ne s’est jamais plaint de l’effectif à sa disposition. Je le rejoins dans ce sens, nous avons l’effectif suffisant pour nous maintenir en Ligue 1. A pareil époque l’an dernier, nous n’avions pas un effectif de qualité supérieur.
Vous avez déjà pris des décisions tranchées, avec notamment le choix de Stephan (Andersen)…
Je confirme. Le choix de Stephan me semble logique. Nous avons deux bons gardiens, mais avec des qualités différentes. Après son championnat d’Europe réussi, il me parait logique que Stephan Andersen garde les buts.
Saber Khlifa n’est lui pas revenu…
C’est pénalisant pour le club, mais surtout pour lui. C’est un excellent joueur. S’il continue sur sa très bonne lancée, il ne restera pas très longtemps chez nous. Là, il a perdu ses papiers, ça m’embête pour lui. Il ne pourra donc pas être avec nous ce week-end. C’est dommage pour lui.
Quid des dernières recrues, pour samedi ?
David Jarolim n’est pas encore vraiment prêt, mais je considère que jouer des matches de compétitions te rapproche de ta meilleure forme. Koné et Jarolim vont très certainement débuter samedi.
Autre nouveauté : la mise au vert demain à Annecy avec l’entraînement au Parc des Sports…
Je l’ai souhaité pour que Jarolim s’imprègne des lieux et pour préparer au mieux l’important match de samedi. Si on peut y aller pour chaque match à domicile, nous le ferons.
Qu’en est-il de l’entraîneur prête-nom qui doit vous épauler ?
Il y aura bientôt un titulaire du DEPF qui va venir. Mais ce ne sera pas un prête-nom. C’est le Président qui en fera l’annonce. C’est une volonté des dirigeants d’être en conformité avec les règlements. Il amènera sa pièce à l’édifice. J’aurais la responsabilité de l’équipe et je dirigerai les entrainements, mais cette personne ne sera pas juste chargée de s’assoir sur le banc le jour de match.
Cela vous donne-t-il l’envie de passer le DEPF ?
Je comprends le courroux de l’Unecatef et de Pierre Repellini. Je suis allé jusqu’au DEF, mais je n’ai pas pu aller plus loin, puisque le club était alors amateur. Et ensuite, ce n’était plus nécessaire.
Propos recueillis par Flo.N. – Crédit photo : Jean-Pierre Garel





























