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«Un réel soulagement»

Au lendemain d’un week-end enfin victorieux, le Président Trotignon s’est longuement confié à ETGFC.COM. Même si elle ne fut pas parfaite, la performance des joueurs ont rassuré tout un club. Surtout, c’est l’état d’esprit et la détermination du groupe que le Président tient à souligner. Un état d’esprit qui permet d’envisager le périlleux déplacement à Marseille avec des ambitions. Interview.

Président, à l’issue de la belle victoire de l’ETG contre Bastia, l’entraîneur et les joueurs se sont exprimés mais pas vous. Quel est donc votre sentiment après ce match ?

C’était une victoire attendue. On avait envie de retrouver la voie du succès. Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas gagné de match, matches de préparation inclus. Il était donc important pour l’équipe de gagner, mais il était également important pour le club que l’équipe gagne, parce-que la température de l’ensemble club est bien souvent conséquente des réussites ou des échecs de l’équipe fanion. Il est vrai qu’on était dans une situation de grande inquiétude. Au bout de quatre journées, nous n’avions qu’un point. D’aucuns diront que cela ne faisait que quatre matches, qu’il n’y avait pas le feu au lac, etc etc… mais on sait aussi que les points perdus ne sont plus rattrapables et que si on part avec un handicap, qui peut devenir insurmontable, ça rend la tâche compliquée. Les performances restent liées au mental et au moral, on aurait donc commencé à altérer tout ça.
Cette victoire apparait donc comme un réel soulagement et au-delà du soulagement, la manière avec laquelle elle a été obtenue fait qu’elle est rassurante. Elle met en confiance car c’est l’occasion de montrer qu’Evian Thonon Gaillard a sa place dans cette compétition, qui va être très difficile bien entendu. Quand je dis qu’elle a sa place, cela ne veut pas dire qu’elle va se maintenir, mais qu’on a montré sur ce match que nous avions les capacités pour lutter avec d’autres équipes qui jouent le même championnat que nous, c’est-à-dire celui entre la 10e et la 20e place.

Donc selon vous, même s’il ne s’agit que d’une victoire, on peut dire que la saison de l’ETG FC est lancée ?

Oui, ça lance forcément la saison, c’est indéniable. Car nous en avions besoin et nous en avions envie. Mais je le répète souvent, on vit dans une société où les gens n’ont pas de mémoire. Le match de Lyon fin août avait laissé apparaître des qualités dans ce groupe. Il se trouve que la chance ce jour là nous avait un peu fuis et que les Lyonnais avaient obtenu un match nul, non pas heureux, mais qui aurait pu se transformer en victoire pour nous. Là, cette victoire contre Bastia, incontestable, permet de dire que la saison est lancée sous de bons auspices.

« A Marseille pour confirmer »

Samedi soir, qu’a-t-on retrouvé chez les Roses qui faisait défaut ces derniers temps ? Avez-vous senti un état d’esprit différent ?

Oui, je l’ai ressenti. D’ailleurs les différentes phases qui ont caractérisé ce match sont révélatrices de la qualité de l’état d’esprit du groupe. La première mi-temps a été de qualité vraiment moyenne. On a même eu peur car sans la maladresse de Bastia sur une ou deux occasions, on aurait pu être mené au score. Mais on ne l’a pas été. C’est révélateur de l’état d’esprit, car si on avait vu des joueurs un peu désinvoltes ou trop sûrs d’eux en première période, ça aurait un motif d’inquiétude supplémentaire. On se serait dit « voilà des joueurs qui n’ont pas vraiment conscience de notre situation ». Or, on a vu que le groupe avait la trouille et en même temps l’envie de s’appliquer. Ce mélange de trouille et d’application a fait un mauvais mélange en première mi-temps, mais au moins il a été révélateur de l’envie profonde des joueurs. Généralement, quand vous passez un examen ou une compétition sportive, il y a forcément de l’appréhension. C’est comme un comédien qui joue une première au théâtre, il a souvent le trac. Pour revenir à nos joueurs, cela a montré qu’ils se sont montrés concernés par la situation sportive. Après, ils ont lâché les chevaux. Au fil du temps, ils ont retrouvé cette confiance nécessaire pour jouer au football. C’est un cheminement qui a permis à l’équipe et à chaque joueur de s’épanouir davantage, au fur et à mesure que le temps passait.

On dit souvent qu’un bon résultat doit être confirmé dès le match suivant. Sauf que là, c’est un déplacement à Marseille, leader avec cinq victoires en cinq matches, qui attend les Roses… Quel message allez-vous faire passer au groupe avant la rencontre ?

On dit qu’un résultat doit être confirmé, eh bien on va aller à Marseille pour le confirmer ! Voilà ce que j’aurai à dire aux joueurs. Et c’est sans doute le message que va leur délivrer le coach car je ne pense pas que Pascal Dupraz ira à Marseille avec la trouille au ventre et uniquement pour jouer dans ses 18 mètres. Elle n’est pas totalement retrouvée, mais avec la confiance acquise contre Bastia, cela peut nous permettre d’aller à Marseille avec des ambitions et pour y gratter des points. Je ne dis pas qu’on va en gratter trois mais il faut y aller avec cette ambition pour ne pas rentrer bredouille. Alors évidement, c’est une tâche difficile, mais c’est parce qu’elle l’est qu’on va la réussir. Les joueurs vont avoir à cœur d’aller à Marseille pour faire un coup. Et le résultat de samedi nous autorise un joker. Que peut-il nous arriver là bas, perdre ? Tout le monde nous voit perdre. Les paris sportifs ne vont pas donner cher de notre peau. Si on y va pour prendre des photos du chantier du stade, autant ne pas y aller. Il faut montrer que ce début de saison poussif n’était pas révélateur de la qualité de l’équipe. C’est le moment !

Propos recueillis par Flo.N. – Crédit photos :  Jean-Pierre Clatot/AFP